Puisqu’on a choisi…

Puisqu’il a été choisi de ne pas tourner la page (notre nouveau président étant tout de même numéro deux du gouvernement depuis maintenant 5 ans) à 53% des votants, je suppose que nous n’avons pas vraiment grand chose à dire. C’est, au moins, la fin d’une période d’angoisse intense et de stress ultime. En tout cas pour moi. En cette période de retombée de pression, donc, mon collègue Renaud se fend la poire en m’écoutant débiter des conneries. Puisque je suis en ce moment à l’AFEV (au passage, l’AFEV Lyon a un site! : http://lyon.afev.org).

Voilà donc, on ne peut à vrai dire qu’espérer que rien ne change, ce serait toujours mieux qu’une libéralisation encore accrue avec une déréglementation encore plus avancée du marché du travail, pour encore plus de précarités et de flics dans les rues. Ouééééééé… Qu’est-ce qu’on est heureux. Mais puisque notre cher président, qui “aime tous les français”, veut rétablir “le travail, l’autorité, le respect (!)”… Ca paraît tout à fait logique. Tendons donc la main aux gens qui nous la demande pedant la campagne (pour la retier juste après). On attend avec impatience son nouveau gouvernement de rassemblement (avec des transfuges de la gauche?!), après son petit séjour de repos à la campagne (le repos du guerrier…)

Ainsi même les cadeaux empoisonnés de Bernadette Chirac (qui déclarait que Sarko était “le meilleur successeur dans la ligne de son président de mari”), tout ce que les journalistes ont trouvés sur lui (délégué interministériel à l’énergie nucléaire au moment de Tchernobyl, c’est lui qui a lancé la rumeur officielle selon laquelle la nuage n’aurait pas passé la frontière… Episode bizarrement effacé de son CV officiel…) et les attaques de François Bayrou n’auront pas suffit à contrebalancer le génie rhétorique de ce manipulateur de foules. A tel point que, telle une machine - comme toujours, il n’éprouva pas même de joie à l’annonce des résultats de la présidentielle et réussit à faire taire ses supporters en liesse en étendant simplement ses mains. Un peu de respect tout de même. Des applaudissements, oui, mais bon. De toutes façons, ce poste m’était dévolu, c’était ma “seule ambition”. Au final, ce n’est qu’un enfant pourri-gâté qui “veut” être président de la république (ou ce qu’il en reste) française?

Et comment parler de ses visions de la culture (quels soutiens glorieux : Jooooohnny, Steevy, Faudel, ça va ou je continue?) et de la pluralité de la presse (voir notamment l’épisode du meeting de meaux, relayé par latelelibre.fr et le canard enchaîné, où seule NSTV -comprendre NicolasSarkozyTV- était présente officiellement… Et heureusement pour Sarko quand on voit comment ça s’est passé), il y a de quoi s’inquiéter…

Enfin bon… Inutile de dire que j’ai un peu peur d’une possibilité de policisation de la société, ce serait un euphémisme. Il n’y a plus Chirac pour lui mettre des bâtons dans les roues! Maintenant c’est parti. Il va pouvoir se lâcher…

Les néolibéraux ont retrouvé leur maître en France.

Les américains ont trouvé un nouveau petit chien (plus roquet hargneux que cocker, certes…) en plus de la Grande-Bretagne.

Les arabes ont perdu un partenaire précieux.

L’europe est contente : enfin un candidat qui veut aussi tout libéraliser, tout déréguler et surtout qui veut faire passer en force un texte qui avait été refusé par la population (et ce n’est pas une position d’anti-européen, bien loin de là).

Ségolène Royal est triste.

Le PS divisé et prêt à éclater. Je ne pleurerais pas forcément sur le sort de ce parti s’il n’entraîne pas la gauche dans son sillage.

Mais je pleure déjà pour les 5 ans à venir.

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